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Seniors et emploi : les repérer, les accompagner et les former pour favoriser leur employabilité

La France se trouve aujourd’hui face à une contradiction démographique et économique majeure. D’un côté, les entreprises connaissent une pénurie de talents majeure : pour l’année 2026, ce sont 2,2 millions de recrutements qui sont prévus, dont près d’un sur deux est jugé difficile à concrétiser par les employeurs (source BMO France Travail). D’autre part, on observe des comportements qui tendent à exclure les travailleurs les plus expérimentés du marché du travail. Les chiffres sont sans appel : si le taux d’emploi des 25-49 ans s’élève à 82,7 % en 2024, il chute drastiquement à 60,4 % pour les 55-64 ans (source Dares sur les seniors en 2024).   

C’est un paradoxe d’autant plus flagrant que la transition démographique à l’œuvre va raréfier les profils jeunes alors même que l’évolution du modèle des retraites entraîne une nécessité de travailler plus longtemps.  

Comment inverser la tendance pour favoriser l’emploi des seniors ? La réponse s’articule autour d’un triptyque clair :  

  • repérer ces publics, 
  • comprendre leur situation, leurs aspirations et les orienter vers les acteurs qui sauront les accompagner, 
  • les former de manière continue pour garantir leur employabilité. 

La récente étude de la DARES (10 septembre 2025) souligne que les professionnels de plus de 55 ans représentent désormais près d’un actif en emploi sur cinq (19 %) en France. Si les profils seniors se retrouvent dans l’ensemble du tissu économique, le ministère met en lumière une forte concentration et des opportunités d’embauche plus marquées dans des secteurs professionnels bien précis. 

Nous vous présentons ci-dessous ce classement des secteurs et métiers les plus dynamiques pour les seniors. 

  1. Les services à la personne et l’aide à domicile : une demande de proximité en plein boom. Les métiers de services aux particuliers se placent en tête de liste des professions plus « spécifiques aux seniors ». La DARES révèle que les plus de 55 ans représentent 35 % des aides à domicile et auxiliaires de vie et 44 % des personnels de ménage chez les particuliers. En effet, ces secteurs valorisent l’expérience de vie, l’autonomie et le sens relationnel souvent développés chez les profils seniors. De plus, face aux pénuries de main-d’œuvre régionales, l’emploi direct par des particuliers ou via des agences locales s’avère être un tremplin offrant aussi des flexibilités de temps partiel souvent choisi en fin de carrière. 
  1. Les agents d’entretien : les champions du volume d’emploi régional. En volume global, le métier d’agent d’entretien arrive en première position du classement de la DARES, concentrant 4,6 % de l’ensemble des seniors en emploi (contre seulement 2,8 % chez les moins de 55 ans). Les entreprises de nettoyage, les collectivités locales et les structures de santé privilégient souvent la fiabilité, la ponctualité et la rigueur. Le taux d’embauche des seniors y est historiquement élevé, notamment pour des contrats courts ou des compléments de revenus. 
  1. Les conducteurs de véhicules et professionnels du transport logistique. Avec 3,3 % des seniors en activité, les métiers du transport (conducteurs de bus, chauffeurs-livreurs, chauffeurs routiers) affichent une forte surreprésentation des plus de 55 ans. Le secteur du transport fait face à un besoin criant de conducteurs qualifiés dans chaque bassin d’emploi. L’expérience de conduite, le respect des règles de sécurité et la gestion du stress routier font des conducteurs seniors des profils de choix pour les transporteurs régionaux. 
  1. Le tutorat, la formation et le conseil aux entreprises. L’étude de la DARES souligne que le métier de formateur présente un taux de recrutement particulièrement élevé chez les plus de 55 ans. Qu’il s’agisse de cadres des services administratifs, financiers ou de cadres commerciaux (des fonctions qui figurent également dans le Top 5 de la DARES), la fin de carrière rime souvent avec transmission. Les entreprises locales intègrent des seniors pour structurer leurs équipes, assurer le tutorat des plus jeunes ou intervenir en tant que consultants indépendants. 

Pour qu’un collaborateur reste performant et employable jusqu’à la retraite, la mise à jour de ses compétences est primordiale. Or, les statistiques publiques montrent que l’accès à la formation professionnelle diminue de près de moitié passé le cap des 50 ans. Cette fracture s’explique par une combinaison de facteurs systémiques et psychologiques : 

  • Le biais de l’âgisme en entreprise : Certains décideurs RH peuvent considérer que l’investissement dans la formation d’un salarié expérimenté présente un retour sur investissement moindre. L’idée reçue persistante est que les seniors seraient moins adaptables aux nouvelles technologies ou aux restructurations. 
  • Le phénomène d’autocensure : L’obstacle peut également venir des travailleurs eux-mêmes. Face à l’usure professionnelle, à une perte de sens, ou au sentiment d’être « dépassés » par l’arrivée de nouveaux outils, certains seniors peuvent se mettre en retrait. 
  • La rupture avec les institutions : Lorsqu’ils perdent leur emploi ou qu’ils sont en grande difficulté sur leur poste, les seniors ne vont pas forcément spontanément chercher de l’aide. Dès lors se présente une difficulté majeure que les politiques d’insertion tentent de résoudre : comment capter ces publics qui ne poussent plus la porte des associations ou des services publics pour demander un accompagnement ? Ils rentrent dans la catégorie des « publics invisibles ». 

Face à ces constats, « l’aller-vers » s’impose. Il est nécessaire d’aller à leur rencontre par d’autres moyens puisqu’ils ne se tournent pas toujours naturellement vers les structures d’accompagnement ou de formation. 

C’est tout l’enjeu des maraudes numériques, une méthode dont est devenue expert Olecio. Si ce dispositif est souvent associé aux jeunes, il se révèle être un outil redoutable pour repérer et remobiliser les seniors de plus de 50 ans, isolés ou découragés. 

En pratique, cette approche repose sur trois étapes clés : 

  • Le ciblage digital : Les équipes diffusent des messages ciblés et adaptés (par campagne, accompagnement, territoire…) sur les plateformes fréquentées par ces générations (notamment Facebook) et via les moteurs de recherche. 
  • La remobilisation : L’objectif est d’entrer en contact pour recréer un climat de confiance, le plus souvent grâce à un premier échange téléphonique bienveillant (pré-diagnostic). 
  • L’orientation qualifiée : Une fois les premières barrières psychologiques levées, le senior est réinséré dans une dynamique de projet et orienté vers les bons acteurs de l’emploi ou de la formation (France Travail, associations, etc.). 

Preuve par l’exemple, en 3 mois, 44 seniors éloignés de l’emploi (50 ans+) viennent d’intégrer à Paris le programme d’accompagnement de FACE Paris Hauts-de-Seine grâce aux maraudes numériques d’Olecio ! 

Un parcours de repérage optimisé a permis d’atteindre un taux de conversion de 31 % entre les personnes repérées et celles qui sont effectivement entrées dans le programme. Les situations rencontrées : un licenciement économique, un chômage de longue durée, une reconversion ou encore un épisode personnel douloureux… les configurations sont multiples, mais il est possible d’y remédier. 

Une fois le contact renoué, un autre défi de taille se pose : aider le travailleur expérimenté à choisir une nouvelle voie. Beaucoup peinent à se projeter dans d’autres secteurs, souvent par méconnaissance des métiers, des métiers en tension (industrie, aide à la personne, numérique) ou à cause de leur déficit d’image. 

Pour réinventer cette étape cruciale et dépasser le simple stade du « CV », Olecio a développé en 2025 Origame, un outil proposant des tests immersifs d’orientation.  

La force de la projection immersive repose sur trois piliers : 

  • Valoriser la personnalité : Origame s’éloigne des parcours professionnels passés pour se concentrer sur les traits de personnalité, permettant d’explorer des univers métiers souvent insoupçonnés par le candidat. 
  • Créer le déclic par le concret : Au lieu d’une description théorique, l’outil offre une expérience immersive qui rend les métiers tangibles. C’est cette projection qui déconstruit les idées reçues et suscite l’envie de se lancer. 
  • Renforcer la marque employeur : Les entreprises et les territoires peuvent contextualiser Origame pour valoriser leurs propres filières et attirer directement ces profils seniors en recherche de nouveaux défis. 

Ainsi, l’orientation ne se subit plus : elle se vit, rendant la transition professionnelle beaucoup plus désirable. 

Renvoyer un professionnel de 55 ans sur les bancs d’une école classique, dans une posture scolaire « descendante », est souvent voué à l’échec. Les travailleurs expérimentés ont tendance à privilégier des dispositifs qui valorisent leur vécu, qui sont directement ancrés dans la pratique, et qui sécurisent leur situation financière. 

  1. La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) : Transformer le vécu en diplôme 

La VAE part d’un principe simple : l’expérience vaut autant que la théorie. Elle permet à toute personne justifiant d’au moins un an d’expérience en lien direct avec la certification visée d’obtenir un diplôme (du CAP au Bac+5), un titre professionnel ou un certificat de qualification professionnelle (CQP). 

  • Comment ça marche ? Le candidat constitue un dossier détaillant ses activités passées et les compétences mobilisées, puis le présente devant un jury de professionnels. Récemment, la réforme « France VAE » a considérablement simplifié et raccourci les démarches, avec un accompagnement renforcé. 
  • Pourquoi est-ce idéal pour les seniors ? De nombreux travailleurs âgés souffrent du « syndrome de l’imposteur » s’ils n’ont pas le diplôme correspondant au poste qu’ils occupent depuis 20 ans. La VAE offre une reconnaissance, une réassurance et permet de sécuriser leur employabilité. 

Des moyens innovants existent pour repérer le bon diplôme et se faire accompagner : découvrez https://declic-vae.fr/   

  1. L’AFEST (Action de Formation en Situation de Travail) : Apprendre par l’action 

Reconnue légalement depuis 2018, l’AFEST est une révolution pédagogique. Elle sort la formation de la salle de classe pour la ramener au cœur de l’atelier, du bureau ou du magasin. 

  • Comment ça marche ? L’AFEST se déroule en deux temps : une phase de mise en situation (le salarié exécute une tâche réelle avec le droit à l’erreur) suivie d’une phase réflexive (le salarié débriefe avec son formateur interne pour comprendre ce qui a fonctionné ou non). 
  • Pourquoi est-ce idéal pour les seniors ? L’AFEST contourne le rejet du format « scolaire » et l’appréhension de la théorie pure. C’est un apprentissage extrêmement concret. Par ailleurs, l’AFEST place souvent les seniors dans une double posture : ils peuvent être apprenants (pour maîtriser une nouvelle machine numérique par exemple), mais ils font aussi d’excellents référents AFEST ou formateurs internes, valorisant ainsi leur rôle de transmetteurs de savoirs auprès des plus jeunes. 
  1. La période de reconversion : Évoluer sans perte de salaire 

La période de reconversion permet à un salarié visant une mobilité interne ou externeà son entreprise de bénéficier d’une période pour acquérir une certification reconnue par les employeurs (inscrite au RNCP, CQP) ou des blocs de compétences spécifiques. 

  • Comment ça marche ? Le dispositif est ouvert à tout salarié sans limite de niveau de qualification ou d’âge. Les modalités pédagogiques possibles sont variées : formation en entreprise, formation théorique, alternance… La durée de formation doit être comprise entre 150 et 450 heures réparties sur 12 mois maximum. L’énorme avantage est que le contrat de travail est maintenu : le salarié continue de percevoir sa rémunération habituelle, il peut au terme de la période intégrer une entreprise d’accueil ou faire valoir son droit au retour sur son poste initial ou un poste équivalent. 
  • Pourquoi est-ce idéal pour les seniors ? La peur de la perte de revenus est le principal frein à la reconversion des plus de 50 ans qui ont souvent d’importantes charges financières (crédits, études des enfants). La Période de Reconversion offre un cadre sécurisant pour changer de métier (par exemple, passer d’un poste de manutentionnaire physiquement usant à un poste de technicien logistique ou de contrôleur qualité) au sein de la même entreprise ou dans une autre entreprise. 
  1. Le CPF co-construit et le Plan de développement des compétences : L’alliance employeur-salarié 

Le Compte Personnel de Formation (CPF) est souvent perçu comme une démarche purement individuelle. Cependant, dans le cadre d’une politique RH intelligente tournée vers les seniors, il peut être « co-construit ». 

  • Comment ça marche ? Si le salarié identifie une formation (par exemple : maîtrise experte de nouveaux outils numériques, management intergénérationnel, anglais professionnel) dont le coût dépasse ses droits CPF, l’employeur (ou la branche professionnelle) peut verser un abondement (une somme complémentaire) pour financer le reste à charge. Le Plan de développement des compétences, quant à lui, est directement piloté et financé par l’employeur pour adapter le salarié à son poste. 
  • Pourquoi est-ce idéal pour les seniors ? Cela recrée un dialogue de confiance lors de l’entretien professionnel de mi-carrière. L’entreprise prouve au senior qu’elle est prête à investir financièrement sur lui pour ses 10 dernières années, ce qui relance puissamment la motivation et l’engagement du collaborateur. 

Le vieillissement de la population active ne doit plus être perçu comme une contrainte, mais comme un gisement d’expertise à cultiver. Les entreprises disposent désormais de plusieurs leviers, notamment les accords seniors, pour encourager le recrutement et le maintien en emploi des travailleurs expérimentés.  

Le vieillissement de la population active ne doit plus être perçu comme une contrainte, mais comme un gisement d’expertise à cultiver. Maintenir les seniors dans l’emploi exige cependant de rompre avec l’attentisme. Il faut adopter une démarche proactive complète : aller vers ces publics grâce à la force de frappe des maraudes numériques, leur offrir une nouvelle vision de leur avenir avec des tests immersifs comme Origame, et sécuriser leur parcours avec des dispositifs de formation adaptés. 

C’est en combinant l’innovation technologique au service de l’humain et les outils de la formation continue que notre société relèvera le défi du plein emploi et de l’inclusion de tous les âges. 

Vous aussi vous voulez agir : Contactez-nous ! 

Sources de référence pour la rédaction de cet article : 

  • Olecio : Expertise sur l’innovation sociale, le repérage numérique et l’attractivité des métiers (méthodologie des Maraudes numériques et de l’outil Origame). 
  • France Travail (BMO 2025) :Statistiques sur les intentions de recrutement et la part des métiers en tension. 
  • DARES (Ministère du Travail) : Études et rapports sur l’accès inégal à la formation continue selon l’âge. 
  • Ministère du Travail et de l’Emploi : Cadre légal régissant les dispositifs d’accès à la formation (VAE, AFEST, Période de reconversion, CPF). 
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